35 000 dĂ©cisions, selon une Ă©tude de lâuniversitĂ© de Cornell, câest prĂšs de 35 000 dĂ©cisions que nous prendrions chaque jour, câest tout simplement vertigineux ! DĂšs lors, il nâest guĂšre Ă©tonnant que notre cerveau mette en place des « stratagĂšmes » pour gĂ©rer au mieux cette multitude de dĂ©cisions quotidiennes connus sous le nom de biais cognitifs.
Biais cognitif, quesako ?!? Selon le psychologue Jean-François Le Ny, « un biais est une distorsion (déviation systématique par rapport à une norme) que subit une information en entrant dans le systÚme cognitif ou en sortant. Dans le premier cas, le sujet opÚre une sélection des informations, dans le second, il réalise une sélection des réponses ».[1]
Plus simplement, notre cerveau va, inconsciemment, « prendre des libertĂ©s » dans le traitement des innombrables informations quâil reçoit et effectuer des « raccourcis » en accordant une importance dĂ©mesurĂ©e Ă certaines informations ou bien en en occultant dâautres complĂštement.
Cette maniĂšre de procĂ©der est absolument normale et bien souvent salvatrice ! Elle a dâailleurs permis Ă lâHomme de survivre Ă de multiples dangers et de sâadapter en prenant des dĂ©cisions extrĂȘmement rapidement.
Ce rĂ©flexe de pensĂ©e faussement logique, inconscient et systĂ©matique peut cependant nous jouer des tours et nous faire prendre de mauvaises dĂ©cisions et ce tout particuliĂšrement en recrutement oĂč les biais cognitifs sont Ă la fĂȘte et dâautant plus si le processus manque de structuration.
Difficile voire quasi impossible de passer en revue les plus de 250 biais cognitifs identifiĂ©s Ă date. NĂ©anmoins, voici ma sĂ©lection des 5 biais dont il faut tout particuliĂšrement se mĂ©fier en recrutement. Câest parti !
Biais cognitif, quesako ?!? Selon le psychologue Jean-François Le Ny, « un biais est une distorsion (déviation systématique par rapport à une norme) que subit une information en entrant dans le systÚme cognitif ou en sortant. Dans le premier cas, le sujet opÚre une sélection des informations, dans le second, il réalise une sélection des réponses ».[1]
Plus simplement, notre cerveau va, inconsciemment, « prendre des libertĂ©s » dans le traitement des innombrables informations quâil reçoit et effectuer des « raccourcis » en accordant une importance dĂ©mesurĂ©e Ă certaines informations ou bien en en occultant dâautres complĂštement.
Cette maniĂšre de procĂ©der est absolument normale et bien souvent salvatrice ! Elle a dâailleurs permis Ă lâHomme de survivre Ă de multiples dangers et de sâadapter en prenant des dĂ©cisions extrĂȘmement rapidement.
Ce rĂ©flexe de pensĂ©e faussement logique, inconscient et systĂ©matique peut cependant nous jouer des tours et nous faire prendre de mauvaises dĂ©cisions et ce tout particuliĂšrement en recrutement oĂč les biais cognitifs sont Ă la fĂȘte et dâautant plus si le processus manque de structuration.
Difficile voire quasi impossible de passer en revue les plus de 250 biais cognitifs identifiĂ©s Ă date. NĂ©anmoins, voici ma sĂ©lection des 5 biais dont il faut tout particuliĂšrement se mĂ©fier en recrutement. Câest parti !
Le biais dâancrage
Il dĂ©signe lâimmense difficultĂ© que nous avons Ă nous dĂ©partir de notre premiĂšre impression. En nous focalisant sur une premiĂšre information, notre esprit n'arrive plus Ă apprĂ©cier et Ă prendre en considĂ©ration les nouvelles informations et Ă envisager d'autres conclusions/dâautres choix.
Ainsi, si un candidat arrive en retard Ă son premier entretien de recrutement avec nous, nous aurons le rĂ©flexe de le catĂ©goriser de maniĂšre quasi-dĂ©finitive comme « jamais ponctuel » et donc toujours en retard. Il sera ensuite extrĂȘmement compliquĂ© pour ne pas dire mission impossible de revenir en arriĂšre et de lui retirer cette Ă©tiquette !
Lâeffet de halo
Ce biais consiste, Ă partir dâune seule et unique caractĂ©ristique dâun candidat, Ă la gĂ©nĂ©raliser Ă lâensemble de ses caractĂ©ristiques. Lâeffet de halo peut ainsi ĂȘtre positif ou nĂ©gatif. Si la premiĂšre impression sur un candidat est positive, nous allons interprĂ©ter favorablement tout ce que cette personne dit ou fait. En revanche, si la premiĂšre impression est nĂ©gative, nous allons alors voir ce candidat sous un prisme nĂ©gatif.
Un des exemples les plus classiques concerne la beautĂ© ou lâapparence physique. Nous aurons ainsi tendance Ă percevoir un candidat avec une belle apparence physique comme plus compĂ©tent et intelligent quâun candidat dâapparence moins soignĂ©e. Dâailleurs, selon une Ă©tude de 2019, les salariĂ©s jugĂ©s « beaux » perçoivent des salaires en moyenne 12% plus Ă©levĂ©s⊠Pourtant, un physique plus « avantageux » fait-il de la personne un meilleur collaborateur ?!?
Un des exemples les plus classiques concerne la beautĂ© ou lâapparence physique. Nous aurons ainsi tendance Ă percevoir un candidat avec une belle apparence physique comme plus compĂ©tent et intelligent quâun candidat dâapparence moins soignĂ©e. Dâailleurs, selon une Ă©tude de 2019, les salariĂ©s jugĂ©s « beaux » perçoivent des salaires en moyenne 12% plus Ă©levĂ©s⊠Pourtant, un physique plus « avantageux » fait-il de la personne un meilleur collaborateur ?!?
Lâeffet Dunning-Kruger
Selon les psychologues Dunning et Kruger, les moins compĂ©tents auront tendance Ă surestimer leurs capacitĂ©s alors que les plus compĂ©tents auront, au contraire, tendance Ă minimiser les leurs. Un candidat incompĂ©tent nâa, en effet, pas les compĂ©tences requises et nĂ©cessaires pour rĂ©aliser quâil est incompĂ©tent.
En rĂ©sumĂ©, câest un ignorant qui sâignore ! Alors quâa contrario, un candidat trĂšs compĂ©tent aura une conscience aiguĂ« de ses propres limites et des connaissances dont il ne dispose pas encore.
Nous devons donc nous méfier des candidats affichant, en entretien, une confiance sans limites dans leurs compétences et connaissances. Confiance ne rime pas forcément avec compétence et cela peut nous jouer des tours !
En rĂ©sumĂ©, câest un ignorant qui sâignore ! Alors quâa contrario, un candidat trĂšs compĂ©tent aura une conscience aiguĂ« de ses propres limites et des connaissances dont il ne dispose pas encore.
Nous devons donc nous méfier des candidats affichant, en entretien, une confiance sans limites dans leurs compétences et connaissances. Confiance ne rime pas forcément avec compétence et cela peut nous jouer des tours !
Lâeffet de contraste
Ce biais est tout particuliĂšrement Ă lâĆuvre dans le cadre de recrutements de profils pĂ©nuriques et de postes difficiles Ă pourvoir. Ainsi, si nous avons prĂ©sĂ©lectionnĂ© et reçu 3 candidats en entretien, il y a de fortes chances que nous ayons envie de sĂ©lectionner le « moins pire » des candidats rencontrĂ©s.
Pour autant ce dernier, mĂȘme sâil tire son Ă©pingle du jeu et se dĂ©marque des deux autres, nâest pas forcĂ©ment un candidat adĂ©quat pour pourvoir le poste en question.
Pour autant ce dernier, mĂȘme sâil tire son Ă©pingle du jeu et se dĂ©marque des deux autres, nâest pas forcĂ©ment un candidat adĂ©quat pour pourvoir le poste en question.
Le syndrome du scarabée
Ne vous fiez pas Ă son nom a priori mignon et bucolique car câest un biais redoutable ! Il consiste Ă privilĂ©gier et Ă recruter les profils qui nous ressemblent le plus, au dĂ©triment des profils les plus pertinents et compĂ©tents. Ne dit-on pas « qui se ressemble sâassemble » ?!?
Câest un raccourci mental, trĂšs frĂ©quent en recrutement ! Recruteurs et managers favorisent, consciemment ou inconsciemment, des profils qui leur ressemblent - mĂȘme cursus, expĂ©rience professionnelle similaire, loisirs communs - et finissent, sans forcĂ©ment sâen rendre compte, par recruter des armĂ©es de clones.
RĂ©sultat : lâentre-soi rĂšgne au sein de ces organisations ! Elles sâillustrent par un manque flagrant et criant de diversitĂ© ce qui nuit indĂ©niablement et considĂ©rablement Ă leur performance et Ă leur capacitĂ© dâinnovation.
Câest un raccourci mental, trĂšs frĂ©quent en recrutement ! Recruteurs et managers favorisent, consciemment ou inconsciemment, des profils qui leur ressemblent - mĂȘme cursus, expĂ©rience professionnelle similaire, loisirs communs - et finissent, sans forcĂ©ment sâen rendre compte, par recruter des armĂ©es de clones.
RĂ©sultat : lâentre-soi rĂšgne au sein de ces organisations ! Elles sâillustrent par un manque flagrant et criant de diversitĂ© ce qui nuit indĂ©niablement et considĂ©rablement Ă leur performance et Ă leur capacitĂ© dâinnovation.
Conclusion
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« Nous avons rencontrĂ© lâennemi, et câest nous » Ă©crivait Walt Kelly. Cela dĂ©crit Ă merveille le fonctionnement des biais cognitif car si ces raccourcis sont un puissant, rapide et efficace moyen de prendre la plupart de nos dĂ©cisions quotidiennes avec dâexcellents rĂ©sultats, ils nous induisent cependant rĂ©guliĂšrement en erreur et tout particuliĂšrement lors de dĂ©cisions stratĂ©giques.
Et les processus de recrutement ne sont guĂšre Ă©pargnĂ©s, loin de lĂ ! Il offrent mĂȘme un formidable terrain de jeu aux biais cognitifs si rien nâest mis en Ćuvre pour en attĂ©nuer lâinfluence ! On peut alors dire bye-bye Ă©quitĂ©, pertinence et objectivitĂ© !
Si nos biais sont incorrigibles, ils ne sont pas ingĂ©rables. Il existe ainsi des mĂ©thodes pour en limiter les effets dĂ©lĂ©tĂšres comme lâentretien structurĂ© ou bien encore le recrutement collaboratif.
Curieux dâen savoir plus sur les principaux biais cognitifs en recrutement et la maniĂšre de sâen prĂ©munir au maximum ? Je vous invite Ă dĂ©couvrir la saison 2 dâ« Histoires de Recruteurs » un podcast WeSuggest dĂ©diĂ© aux biais cognitifs et que jâai le plaisir dâanimer đ ! [2]
Références
[1] « Biais », Grand Dictionnaire de la Psychologie, Larousse
[2] Podcast « Histoires de Recruteurs » Histoires de recruteurs : le jour oĂč... sur Apple Podcasts
Et les processus de recrutement ne sont guĂšre Ă©pargnĂ©s, loin de lĂ ! Il offrent mĂȘme un formidable terrain de jeu aux biais cognitifs si rien nâest mis en Ćuvre pour en attĂ©nuer lâinfluence ! On peut alors dire bye-bye Ă©quitĂ©, pertinence et objectivitĂ© !
Si nos biais sont incorrigibles, ils ne sont pas ingĂ©rables. Il existe ainsi des mĂ©thodes pour en limiter les effets dĂ©lĂ©tĂšres comme lâentretien structurĂ© ou bien encore le recrutement collaboratif.
Curieux dâen savoir plus sur les principaux biais cognitifs en recrutement et la maniĂšre de sâen prĂ©munir au maximum ? Je vous invite Ă dĂ©couvrir la saison 2 dâ« Histoires de Recruteurs » un podcast WeSuggest dĂ©diĂ© aux biais cognitifs et que jâai le plaisir dâanimer đ ! [2]
Références
[1] « Biais », Grand Dictionnaire de la Psychologie, Larousse
[2] Podcast « Histoires de Recruteurs » Histoires de recruteurs : le jour oĂč... sur Apple Podcasts
PassionnĂ©e par le recrutement quâelle exerce depuis prĂšs de 20 ans, Marie-Sophie Poggi-Zambeaux est actuellement Responsable dâun PĂŽle Recrutement au sein dâune collectivitĂ© publique.
Elle sâexprime rĂ©guliĂšrement sur le recrutement et de maniĂšre plus large sur les RH et le management que ce soit sur diffĂ©rents blogs, lors de confĂ©rences ou bien encore dans sa newsletter hebdomadaire sur LinkedIn.
Elle sâexprime rĂ©guliĂšrement sur le recrutement et de maniĂšre plus large sur les RH et le management que ce soit sur diffĂ©rents blogs, lors de confĂ©rences ou bien encore dans sa newsletter hebdomadaire sur LinkedIn.




















