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Allemagne : de Francfort à Bonn, un voyage dans le temps !


Francfort, place financière dynamique, et Bonn, ville natale de Beethoven et ancienne capitale fédérale, gagnent à être connues. L'une comme l'autre sont au cœur de l'histoire, ancienne et plus récente, de l'Allemagne, et cachent bien des trésors.


Rédigé par le Samedi 5 Avril 2025

Derrière la skyline ultra-moderne de Francfort, se cache une ville emblématique de l'histoire allemande (©PB)
Derrière la skyline ultra-moderne de Francfort, se cache une ville emblématique de l'histoire allemande (©PB)
"Mainhattan", vraiment ? Que n’a-t-on pas dit à propos de Francfort, en jouant sur le nom du fleuve qui la traverse, le Main ?

De prime abord, cette ville se distingue par les hautes tours jumelles du siège de la Banque Centrale Européenne (BCE) qui s’élancent d’un côté du fleuve.

De la forêt de gratte-ciel de son centre d’affaires, installé de l'autre côté du Main, jaillissent aussi la tour de la Commerzbank (259 m) signée Foster & Partners, et les deux immeubles de la Tour Main (170 et 200 m). De la terrasse au 56e étage de l’un d’eux, la vue panoramique sur le centre-ville est assez époustouflante.

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Ces apparences, pourtant, sont trompeuses.

Francfort a beau être, de longue date, une place financière –aujourd’hui, la quatrième d'Europe-, elle a beau être la cinquième ville d’Allemagne, la plus riche aussi avec un PIB par habitant de 85 300 euros, elle n’en reste pas moins une ville à taille très humaine qui laisse aisément découvrir à pied, voir en métro ou tram.

Il fait bon vivre en effet dans cette ville très cosmopolite -près de 180 nationalités s’y côtoient et un tiers de sa population est née hors d'Allemagne- dotée d’une ceinture verte, d’une cinquantaine de parcs, et de soixante musées dont près de la moitié se trouve sur la Museumsufer (la "rive des musées").

Il faudrait bien plus qu’un grand week-end pour voir les principaux musées même si, à n’en pas douter, le plus beau, c’est le Städel Museum, qui embrasse cinq siècles de chefs d’œuvre de la peinture européenne.

Allemagne : déjà, au temps de Charlemagne...

Détail de la façade de la collégiale saint-Barthélémy (©PB)
Détail de la façade de la collégiale saint-Barthélémy (©PB)
Dans la réalité, Francfort cache bien son jeu et celui qui s’y rend, est assuré d’y faire un formidable voyage dans le temps.

Les buildings de sa sky-line ne doivent pas faire oublier qu’une ville romaine y a vu le jour au 1er siècle après Jésus-Christ. Et qu’b[en 794, Francfort a été citée, pour la première fois, sous le nom de Franconofurd -qui signifie « le gué des Francs »-, sur un document de Charlemagne]b qui se fit d’ailleurs construire un palais sur place.

Par la suite, Francfort a été une des plus grandes villes du Saint-Empire romain germanique. Fortifiée jusqu’en 1812, Francfort a aussi été la plus ancienne ville gothique d’Europe centrale !

Las, à la fin de la Seconde guerre mondiale –entre octobre 1943 et mars 1944-, elle a été détruite à 90 % par six bombardements des forces alliés.

Depuis, elle a été patiemment et entièrement reconstruite. Cela explique sur son centre soit irrigué par de larges avenues bordées de bâtiments modernes. Parmi celles-ci, la Zeil une grande avenue piétonne où logent toutes les grandes enseignes internationales, le magasin MyZeil et la galerie marchande ZeilGallery.

A deux pas de la Zeil, s’étire la Goethestrasse, la rue du shopping de luxe. Parallèle à celle-ci, s’élance la Fressgass, l'autre grande artère piétonne de la ville, qui conduit à l'Alt Oper (le «vieil opéra») sur la place Opernplatz, en partie rebâti dans son style Belle Époque.

Néanmoins, non loin du "quai des musées", dans le quartier de l'Alt-Sachsenhausen, se nichent de petites rues bordées de maisons à colombage où de nombreuses tavernes –par exemple Lorsbacher Thal et Gemalten Haus- servent l'Apfelwein, une sorte de cidre non gazeux qui fait figure de boisson emblématique à Francfort.

L'hôtel de ville, joyau de la place Römerberg

La vaste place Römerberg accueille depuis des siècles foires et marchés de Noël (© PB)
La vaste place Römerberg accueille depuis des siècles foires et marchés de Noël (© PB)
Sur les 1 400 maisons à colombages que comptait Francfort avant-guerre, il n'en reste plus qu'une grosse poignée. Et, celles qui s'offrent à la vue aujourd'hui, n'ont que l'apparence de l'authenticité : elles ont été largement -sinon totalement- reconstruites.

Cela n'empêche pas qu'il fasse bon se perdre dans les rues pavées du centre historique, pour admirer, le nez en l’air, ici une façade à colombage, là un pignon à redent, ailleurs une enseigne dorée en forme de balance qui pointe à l’angle d’une bâtisse et semble -à tort, bien sûr- tout droit sortie du Moyen-Age.

Le cœur du quartier historique, c'est la vaste place Römerberg où, depuis des siècles, se tiennent foires et marchés de Noël. Il est agréable d'y musarder aux beaux jours, puis d'y boire un verre à une terrasse en admirant son joyau, b]l'Hôtel de Ville]b (le Römer ) du XVe siècle. Foin d'illusion cependant : ce vaste ensemble de plusieurs maisons de pierre avec pignons en gradins a, lui aussi, été largement reconstruit.

Partant de cette place, une rue désormais ample –les bâtiments qui, un temps, l’ont encombrée, ont été détruits- conduit à la collégiale Saint-Barthélémy.

C’est une imposante église-halle en grès rouge, doté d’un long transept du XIVe siècle et d’une tour monumentale du XVe siècle.

En voilà une qui, elle aussi, trompe bien son monde ! Non seulement, on dirait une cathédrale, alors qu’elle n’en a jamais été une, mais elle a été reconstruite après avoir été détruite par un incendie en 1867 ! Et l’a été, de nouveau, en partie, après-guerre, car les bombardements alliés ne l’avaient pas épargnée, tant s’en faut !

Cette église, la plus grande de Francfort-sur-le-Main, est au cœur de l’histoire allemande. Au Moyen-Age, les empereurs appelés à diriger le Saint-Empire romain germanique, y étaient élus, avant d'être couronnés à Aix-la-Chapelle. A partir de 1562, ils y furent aussi couronnés !

Bonn, capitale fédérale détrônée après la réunification

Facilement accessible en TGV au départ de la gare de l’Est à Paris (compter environ 4 heures), Francfort vaut le voyage à elle seule.

Cependant, sa découverte peut se coupler avec celle de Bonn, qui fut la capitale fédérale de l’Allemagne de l’Ouest de 1949 à 1990 et se trouve, elle, au bord du Rhin.

A Bonn -autant qu'à Francfort-, on est assuré de faire plusieurs voyages dans le temps.

Avant la Seconde guerre mondiale, Bonn n’était qu’une toute petite ville. Après la partition de l’Allemagne en deux Etats, en 1949, et l’inclusion de Berlin -quoique divisée en deux, elle aussi-dans le territoire de l’Allemagne de l’est, il fut décidé, après moult débats, que Bonn, bien moins abîmée par les bombardements alliés que Francfort, abriterait les institutions fédérales ouest-allemandes.

Ce devait être provisoire ! En réalité, cette situation a perduré plusieurs décennies, favorisant le développement de la ville qui devra pourtant, en octobre 1990, au lendemain de la réunification de l’Allemagne, céder son rang de capitale fédérale à Berlin.

On aurait, alors, pu craindre le pire ! Il n’en a rien été. D’abord, Bonn n’est pas redevenue une simple ville de province : certes, les institutions et les ambassades –sauf celle de Cuba, faute de moyens- ont été transférées à Berlin, mais cela s’est fait progressivement.

En outre, six ministères sont restés à Bonn et ceux qui ont déménagé ont pris soin d’y conserver des antennes.

Par ailleurs, Bonn a vu arriver des sièges sociaux d’entreprise si bien que son déclassement n’a pas entraîné une hémorragie démographique. Tout au contraire, Bonn a gagné des habitants. C’est aujourd’hui la seconde ville la plus jeune d’Allemagne –après Munich- grâce aux étudiants –plus de 35 000 !

La "Maison blanche de Bonn"

La villa Hammerschmidt a été la résidence officielle du président de la République fédérale d'Allemagne (©PB)
La villa Hammerschmidt a été la résidence officielle du président de la République fédérale d'Allemagne (©PB)
Si Bonn s’est refait une santé, cela ne l’empêche pas de miser sur le tourisme de mémoire. Les bâtiments historiques ne manquent pas, il est vrai, et la plupart peuvent se voir à la faveur de visites guidées.

Prenons la villa Hammerschmidt, parfois surnommée la « Maison-Blanche de Bonn » en raison d'une certaine ressemblance avec la résidence officielle du président américain.

Lovée dans un grand parc en contrebas duquel coule le Rhin qui traverse Bonn, elle a été le siège de la présidence de la République fédérale d'Allemagne de 1949 à 1994. Les appartements privés sont au premier étage, les salles de réception décorées de meubles de style Empire, au rez-de-chaussée.

Depuis la réunification, la villa Hammerschmidt est devenue la résidence de villégiature du président, la résidence officielle étant désormais le château de Bellevue, à Berlin.

Pour les chanceliers, une résidence toute en sobriété

Pas vraiment riante l'ancienne chancellerie allemande !(©PB)
Pas vraiment riante l'ancienne chancellerie allemande !(©PB)
Dans le même quartier –c’était l’ancien quartier gouvernemental-, se trouve aussi le Kanzlerbungalow. Ce double cube de verre aux lignes épurées était la résidence privée et officielle des chanceliers allemands. Le lieu, parfaitement entretenu, est désormais déserté.

Sur la Willy-Brandt-Allee qui longe son parc, trône un buste géant en bronze de Konrad Adenauer, qui fut le premier chancelier fédéral de la République fédérale d’Allemagne, et le resta de 1949 à 1963. Ce démocrate-chrétien a été l’auteur du redressement de l’Allemagne, de son ancrage atlantiste et européen, et l’un des promoteurs, avec le général de Gaulle, de la réconciliation franco-allemande.

Konrad Adenauer n’a cependant jamais résidé dans le Kanzlerbungalow. C’est en effet son successeur, Ludwig Erhardt, qui a décidé de la construction de ce bâtiment d'une grande simplicité de style Bahaus, bien adapté à la vie sobre qu’y menèrent les chanceliers successifs.

Comme, à Bonn, le passé s’invite souvent à chaque pas, on peut voir dans la villa Hammerschmidt et sur l'Adenauerallee qui borde son parc, ainsi que devant le Kanzlerbungalow, des photos des grands noms de la politique allemande d’après-guerre et aussi de quelques sommités internationales qu’ils ont côtoyées.

A Bonn, les passionnés d’histoire peuvent également visiter le Musée de l’histoire de l’Allemagne, au 14, Willy-Brandt Allee, la maison de Willy Brandt, sur la place à son nom, les anciens locaux du Bundestag (le parlement) –en fait, il y en a deux, à Bonn, mais tous deux sont désormais déserts même si tout y est resté en l’état- ou encore la maison d’Adenauer, à Rhöndorf, dans la banlieue chic de Bonn (sa famille en a fait don à l’Etat).


Ville natale de Beethoven

Portrait de Ludwig van Beethoven par Joseph Stieler exposé dans la maison natale du Maestro(©PB)
Portrait de Ludwig van Beethoven par Joseph Stieler exposé dans la maison natale du Maestro(©PB)
Sauf à être totalement féru d'histoire, mieux vaut se contenter de visiter deux ou trois de ces sites, afin de réserver du temps pour découvrir le centre-ville, flâner autour de la monumentale cathédrale, des palais colorés, des places où, aux beaux jours, s’étalent les terrasses.

Dans les rues commerçantes, l’on pourra aussi s’offrir d’excellents chocolats chez Coppeneur (Friedrichstraße 56 ) ou une bière brassée sur place à la brasserie Bönnsch (Sterntorbrücke 4) qui sert aussi un grand choix de plats typiques de qualité.

En outre, il serait faux de penser que la ville se complaît dans la nostalgie. C’est à raison que Bonn jouit d'une réputation internationale de ville d'art. Elle compte de nombreux musées et son musée des Beaux Arts (Kuntsmuseum) de forme géométrique, en béton, est résolument ouvert sur l’art contemporain. Beaucoup d’oeuvres exposées ont toutefois été réalisées par des expressionnistes de la région. Parmi eux, August Macke (1887-1914) dont l‘ancienne maison (il a vécu à Bonn de 1911 à 1914) , devenue un musée, se visite également.

Enfin, Bonn répand la joie de la musique classique. Elle est la ville natale de Ludwig van Beethoven auquel elle consacre un Festival, chaque année en septembre et octobre.

La maison où est né en 1770 –et a vécu jusqu’à 22 ans- l’un des plus grands compositeurs de l’histoire de la musique, a été transformée en musée en 1889 par une association d’amateurs et admirateurs du Maestro.

Elle se cache derrière la façade rose à trois étages du numéro 20 de la Bonngasse, à quelques minutes à pied seulement de l’hôtel de ville. Elle offre une occasion unique de découvrir la vie et l'œuvre de Beethoven.

La visite est d’autant plus émouvante que le bâtiment à trois étages est modeste, les pièces petites et que l’on peut y voir des portraits du Maestro et de sa famille, des objets personnels, deux violons, son dernier piano, des partitions originales annotées de sa main...

Ce lieu de mémoire est désormais englobé dans un complexe culturel plus vaste, incluant une Music House. Le jour de notre visite, nous avons été subjugué en y écoutant la Sonate n°8 op. 10 jouée par un jeune pianiste japonais !

Voyage en Allemagne : un sublime château rococo

Au château d'Augusturburg, un impressionnant escalier d'honneur (©PB)
Au château d'Augusturburg, un impressionnant escalier d'honneur (©PB)
Pour parachever cette découverte historique et culturelle de Bonn, on gagnera à s’offrir, si on a le temps, une virée d’une trentaine de kilomètres dans les environs, jusqu’à Brühl.

C’est là que se dresse le château d'Augustusburg. C’était la résidence favorite du prince-électeur et archevêque de Cologne, Clément-Auguste de la famille bavaroise Wittelsbach (1700-61).

A lire aussi : Trésors d'Allemagne, un voyage culturel riche en patrimoine

Entouré d’un jardin « à la française », ce château a été la première réalisation en Allemagne du plus beau style rococo, ce qui lui a valu d’être classée en 1984 à l’Unesco, tout comme le château voisin de Falkenlust.

Même si on a déjà vu beaucoup de châteaux, on reste bouche bée devant la richesse et la sophistication de l’escalier d’honneur de celui d'Augustusburg et presque autant impressionné par les décorations rocailles des innombrables pièces ouvertes à la visite !

En train et ... sur l'eau

Traversée de Francfort en bateau de croisière (© PB)
Traversée de Francfort en bateau de croisière (© PB)
Le moyen le plus pratique de se rendre à Bonn depuis Francfort (et vice-versa), c’est le train : il y a de nombreux départ dans la journée et le voyage ne prend guère que deux heures –voire moins. On reviendra, ensuite, tout aussi facilement en France, en train.

Il serait dommage, cependant, de ne pas profiter de ce séjour à Bonn pour faire une incursion dans la vallée du Rhin : ses paysages magiques, souvent terriblement romantiques, ont inspiré des légendes et des contes de fées au coeur de la culture de l'Allemagne.

L'idéal serait, bien sûr, de s'offrir une croisière fluviale d'une semaine dans la vallée du Rhin, comme celles que proposent Croisieurope (compagnie française) ou Viva Cruises en (compagnie suisse).

Par chance, pour ceux qui disposent seulement de quelques heures, des balades fluviales de quelques heures -au départ de Bonn- permettent tout de même d’admirer, depuis l’eau, des points de vue à couper le souffle, des monastères, des châteaux, des forteresses médiévales, des villages de maisons à colombages et des vignobles agrippés à flanc de coteaux où excellent des cépages comme le Riesling et Grau Burgunder...

Il faut pousser jusqu'à Coblence pour découvrir la confluence de la Moselle avec le Rhin. Dans cette ville, un téléphérique permet de traverser le Rhin et d'atteindre la puissante forteresse d'Ehrenbreitstein.

Enfin, à proximité de Saint-Goarshausen, on verra le rocher de la célèbre "Lorelei", cette sirène dont les chants sont réputés avoir envoûté et conduit au naufrage bien des marins passant en contrebas.

En effet, une compagnie comme la KD propose en plus des croisières pluviales, des liaisons régulières sur le Rhin. Entre Cologne et Mayence, il est possible de monter -et de descendre- lors de plusieurs escales : Bonn, Linz am Rhein, Koblenz, Boppard, Oberwesel, Bacharach, Rüdesheim et Bingen. Le "KD pass" proposé par cette compagnie permet de monter et de descendre librement. Pour en savoir plus, consulter son site. Il est en allemand mais aussi en anglais.

La compagnie KD propose aussi des balades commentées d'une heure sur le Main, la rivière qui baigne Francfort et rejoint le Rhin seulement à la hauteur de Wiesbaden.

PAULA BOYER Publié par Paula Boyer Responsable rubrique LuxuryTravelMaG - TourMaG.com
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