Plusieurs milliers de personnes se sont réunies jeudi 22 octobre pour manifester leur opposition aux réduction d'emplois chez Air France. DR-LAC
13 heures. La manifestation des salariés d'Air France débute à peine et la place Edouard Herriot, derrière le palais de l'Assemblée Nationale à Paris, est déjà noire de monde.
Selon la préfecture, elle peut contenir jusqu'à 10 000 personnes. Le syndicat CGT table sur environ 7 000 participants.
Les militants entonnent la chanson "tomber la chemise" du groupe Zebda, leurs voix à peine couvertes par les sifflets et les pétards.
Des drapeaux de nombreux syndicats flottent dans les airs.
Ceux d'Air France bien entendu, mais également ceux d'autres catégories professionnelles : les cheminots, la RATP, l'hôpital, l'éducation nationale ou le transport routier.
Plusieurs sénateurs sont également venus manifester leur soutien envers les salariés.
L'ambiance est beaucoup plus politique que la manifestation du 5 octobre dernier, durant laquelle l'ancien DRH avait été pris à partie et avait perdu sa chemise.
Selon la préfecture, elle peut contenir jusqu'à 10 000 personnes. Le syndicat CGT table sur environ 7 000 participants.
Les militants entonnent la chanson "tomber la chemise" du groupe Zebda, leurs voix à peine couvertes par les sifflets et les pétards.
Des drapeaux de nombreux syndicats flottent dans les airs.
Ceux d'Air France bien entendu, mais également ceux d'autres catégories professionnelles : les cheminots, la RATP, l'hôpital, l'éducation nationale ou le transport routier.
Plusieurs sénateurs sont également venus manifester leur soutien envers les salariés.
L'ambiance est beaucoup plus politique que la manifestation du 5 octobre dernier, durant laquelle l'ancien DRH avait été pris à partie et avait perdu sa chemise.
Les manifestants appellent le gouvernement à prendre ses responsabilités
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Cinq employés sont d'ailleurs poursuivis pour leur rôle dans cet incident.
Ils ont été interpelés par la police au petit matin, "comme des criminels" s'indigne une militante. Certains vendent des autocollants ou des sandwichs dont les bénéfices seront reversés à leurs collègues arrêtés.
Deux cagnottes ont même été lancées, permettant de récolter presque 30 000 euros.
Mais sur le fond du problème, les revendications n'ont pas bougé d'un pouce depuis le 5 octobre dernier. Les salariés demandent toujours un moratoire sur le plan Perform et en appellent à la responsabilité de l'état.
"Le gouvernement tient un double discours. D'un coté il veut lutter contre le chômage et de l'autre, ses représentants au conseil d'administration d'Air France acceptent un plan de licenciements", fulmine Claude Allaire de Sud Aérien.
En marge de la manifestation, une délégation de représentants syndicaux a été reçue à l'Assemblée Nationale par Daniel Goldberg, député PS de Seine-Saint-Denis.
Très attentif à leurs doléances, il a promis d'en référer à la direction de la compagnie. Il a également proposé des auditions par les commissions des Affaires sociales, des Affaires économiques et du Développement durable de l’Assemblée. En bref, rien de très concret.
Ils ont été interpelés par la police au petit matin, "comme des criminels" s'indigne une militante. Certains vendent des autocollants ou des sandwichs dont les bénéfices seront reversés à leurs collègues arrêtés.
Deux cagnottes ont même été lancées, permettant de récolter presque 30 000 euros.
Mais sur le fond du problème, les revendications n'ont pas bougé d'un pouce depuis le 5 octobre dernier. Les salariés demandent toujours un moratoire sur le plan Perform et en appellent à la responsabilité de l'état.
"Le gouvernement tient un double discours. D'un coté il veut lutter contre le chômage et de l'autre, ses représentants au conseil d'administration d'Air France acceptent un plan de licenciements", fulmine Claude Allaire de Sud Aérien.
En marge de la manifestation, une délégation de représentants syndicaux a été reçue à l'Assemblée Nationale par Daniel Goldberg, député PS de Seine-Saint-Denis.
Très attentif à leurs doléances, il a promis d'en référer à la direction de la compagnie. Il a également proposé des auditions par les commissions des Affaires sociales, des Affaires économiques et du Développement durable de l’Assemblée. En bref, rien de très concret.
Le droit d'alerte économique a été voté
Les manifestants solidaires de leurs collègues inculpés pour les violences durant la manifestation du 5 octobre. DR-LAC
Dans le cortège, les salariés ont bien du mal à comprendre pourquoi leur entreprise accumule les pertes alors que le transport aérien affiche une croissance record.
"Le taux de remplissage de nos avions dépasse pourtant les 90%", remarque Claude Allaire. " Soit nous sommes mal gérés, soit notre PDG préfère développer sa filiale low-cost plutôt qu'Air France", poursuit-il.
"Les salariés seraient prêts à faire des efforts si la compagnie ne sacrifiait pas tous les leviers de croissance au profit d'un remboursement de la dette. C'est comme s'il fallait la rendre "vendable", renchérit Pierre-Henri Lienemann, du syndicat UNSA.
Il travaille à la direction informatique et regrette que la moyenne d'âge de son service soit de 52 ans, sans nouvelle embauche depuis plusieurs années. "Si vous n'investissez pas dans les nouvelles technologies, c'est un très mauvais signe", assure-t-il.
Tous se réjouissent du droit d'alerte économique, voté jeudi 22 octobre à l'unanimité lors du comité central d'entreprise (CCE).
Cette procédure permet notamment de "connaître l’origine et l’ampleur des difficultés économiques rencontrées par l’entreprise et de s'assurer que les mesures envisagées par la direction sont pertinentes". (article L.2323-78 du code du travail)
Certains espèrent que cela forcera la direction à fournir plus de détails et de chiffres sur sa situation financière. "Nous n'avons par exemple jamais eu de vrai bilan des bases provinces", glisse un manifestant.
"Le taux de remplissage de nos avions dépasse pourtant les 90%", remarque Claude Allaire. " Soit nous sommes mal gérés, soit notre PDG préfère développer sa filiale low-cost plutôt qu'Air France", poursuit-il.
"Les salariés seraient prêts à faire des efforts si la compagnie ne sacrifiait pas tous les leviers de croissance au profit d'un remboursement de la dette. C'est comme s'il fallait la rendre "vendable", renchérit Pierre-Henri Lienemann, du syndicat UNSA.
Il travaille à la direction informatique et regrette que la moyenne d'âge de son service soit de 52 ans, sans nouvelle embauche depuis plusieurs années. "Si vous n'investissez pas dans les nouvelles technologies, c'est un très mauvais signe", assure-t-il.
Tous se réjouissent du droit d'alerte économique, voté jeudi 22 octobre à l'unanimité lors du comité central d'entreprise (CCE).
Cette procédure permet notamment de "connaître l’origine et l’ampleur des difficultés économiques rencontrées par l’entreprise et de s'assurer que les mesures envisagées par la direction sont pertinentes". (article L.2323-78 du code du travail)
Certains espèrent que cela forcera la direction à fournir plus de détails et de chiffres sur sa situation financière. "Nous n'avons par exemple jamais eu de vrai bilan des bases provinces", glisse un manifestant.
Des différents irréconciliables entre les salariés et la direction
De son coté, la direction est restée pour l'instant bien avare d'informations.
Pour éviter tout débordement, elle a délocalisé le CCE dans la maison des Maison des Arts et Métiers du 16ème arrondissement.
En milieu de journée, Frédéric Gagey, le PDG d'Air France-KLM a confirmé la suppression de 1 000 postes en 2016, sans en préciser la répartition.
Selon un document présenté au CCE, les suppressions de postes sur la période 2016-2017 s'élèveraient à 2 993 équivalents temps plein, soit 1 823 pour le personnel au sol, 890 pour les PNC et 280 pour les pilotes.
Les négociations semblent donc encore une fois dans l'impasse. "Il faudrait nommer un médiateur, une personne en interne qui connaisse bien le dossier et qui pourrait faire avancer les choses", propose Didier Dague, administrateur représentant les salariés (FO).
Une tâche que ne pourra pas accomplir le nouveau DRH Gilles Gateau, ex-directeur adjoint de cabinet du Premier ministre Manuel Valls. "Même en étant très intelligent, comment voulez-vous appréhender en quelques semaines les 234 accords salariaux qui régissent les salariés", interroge Didier Dague.
Il faudra pourtant bien trouver un pompier pour éteindre l'incendie qui risque d'endommager irrémédiablement une entreprise symbole de l'industrie française.
Pour éviter tout débordement, elle a délocalisé le CCE dans la maison des Maison des Arts et Métiers du 16ème arrondissement.
En milieu de journée, Frédéric Gagey, le PDG d'Air France-KLM a confirmé la suppression de 1 000 postes en 2016, sans en préciser la répartition.
Selon un document présenté au CCE, les suppressions de postes sur la période 2016-2017 s'élèveraient à 2 993 équivalents temps plein, soit 1 823 pour le personnel au sol, 890 pour les PNC et 280 pour les pilotes.
Les négociations semblent donc encore une fois dans l'impasse. "Il faudrait nommer un médiateur, une personne en interne qui connaisse bien le dossier et qui pourrait faire avancer les choses", propose Didier Dague, administrateur représentant les salariés (FO).
Une tâche que ne pourra pas accomplir le nouveau DRH Gilles Gateau, ex-directeur adjoint de cabinet du Premier ministre Manuel Valls. "Même en étant très intelligent, comment voulez-vous appréhender en quelques semaines les 234 accords salariaux qui régissent les salariés", interroge Didier Dague.
Il faudra pourtant bien trouver un pompier pour éteindre l'incendie qui risque d'endommager irrémédiablement une entreprise symbole de l'industrie française.