
Le train est porteur de tout un univers culturel composé de mystères, ceux que le best-seller d’Agatha Christie « Le crime de l’Orient Express » a vulgarisés dans le monde entier - DepositPhotos.com, bizoon
Vous pouvez acheter cet article à l'unité pour le prix de 3,99 € en cliquant ICI ou vous abonner pour 83€ TTC par an.
Le génial Thomas Cook a su exploiter le chemin de fer pour transporter les premiers touristes, en Angleterre (on était en 1841), puis en France, Italie, et de plus en plus loin en Orient, notamment en Egypte, où il transporta l’élite du tourisme britannique.
Si tout le monde n’a pas en tête les images des « premiers trains du plaisir » et de ces hordes de touristes britanniques que l’on comparait à des pluies de sauterelles, à peu près tous nos contemporains, qu’ils vivent en Inde, Amérique, Europe et Moyen-Orient, ont en tête les images de quelques trains mythiques baptisés du nom de leurs trajectoires : Orient Express, Paris-Lyon-Méditerranée, Simplon et autre Indian Pacific...
Des trains que le talent des peintres et des affichistes de l’époque a immortalisés.
Des wagons au mobilier d’acajou art déco aux wagons restaurants croulant sous une vaisselle de porcelaine et d’argent et des mets tout aussi raffinés, le luxe des siècles passés semble synonyme de chemins de fer, bien qu’il ne le soit pas systématiquement.
Les trains de troisième classe, inconfortables et dangereux, étaient bien plus nombreux et ne lésinaient pas sur les accidents de parcours tuant de malheureux passagers.
Le train s’adapte à la fiction

Il est synonyme aussi d’aventures telles que les ont écrites Blaise Cendrars ou Michel Butor.
Tandis que les grands classiques du cinéma américain ont mis en scène des péripéties sentimentales et policières mythiques au sein de Sleeping de luxe.
Inoubliable : « Certains l’aiment chaud » ! Inoubliable la gare new yorkaise de Central Station au cœur de tant de films cultes ! Inoubliable « La mort aux trousses » et ses épisodes mi-policiers, mi-sentimentaux dans des couchettes de première classe.
Quant aux western tels « Le train sifflera trois fois » ou « Il était une fois dans l’ouest », ils n’ont pas manqué d’honorer les pionniers du rail.
Pour les Français enfin, l’imaginaire du train est également, et surtout, lié aux premiers congés payés et aux premiers départs en vacances de 1936, même si tout le monde sait aujourd’hui que les billets gratuits furent cette année-là moins utilisés que prévu.
Peu accoutumés à partir en vacances, les Français préférèrent enfourcher leur bicyclette et pédaler à quelques kilomètres de leur domicile.
La grande vitesse dynamise le rail et renouvelle ses imaginaires
Puis, dans les années soixante-dix, conscients de la nécessité de rajeunir un mode de transport vieillissant, accablé par toutes sortes de dysfonctionnements, la grande vitesse a assuré le renouveau du chemin de fer et du train.
En France surtout, les premiers TGV de couleur orange lancés en 1976 sur le Paris-Lyon ont introduit technologie et modernité sur de très vieilles machines souvent encore à vapeur. La dynamique était lancée.
Le train redevenait porteur de progrès, de vitesse, de confort et d’une géographie de plus en plus temporelle. On ne vit plus à 1 000 km mais à 3 heures de TGV !
Enfin, bien plus tard, l’Hyperloop dont les premières liaisons s’annoncent pour les années à venir contribuera à sa façon à faire accomplir un nouveau bond en avant aux chemins de fer.
En France surtout, les premiers TGV de couleur orange lancés en 1976 sur le Paris-Lyon ont introduit technologie et modernité sur de très vieilles machines souvent encore à vapeur. La dynamique était lancée.
Le train redevenait porteur de progrès, de vitesse, de confort et d’une géographie de plus en plus temporelle. On ne vit plus à 1 000 km mais à 3 heures de TGV !
Enfin, bien plus tard, l’Hyperloop dont les premières liaisons s’annoncent pour les années à venir contribuera à sa façon à faire accomplir un nouveau bond en avant aux chemins de fer.
Un symbolisme contradictoire
Sur le plan symbolique, qu’en est-il ? Il apparaît en fait que la voie ferrée et les rails sont associés à la destinée humaine.
Quant au train, avec sa locomotive et ses wagons, il évoque les conditions de l’existence, le contexte dans lequel un être évolue.
Mais sa symbolique est contradictoire car il figure l’être lui-même avec ses objectifs et ses projets : « le train de la vie », « le train de l’histoire » et en même temps la routine : « le train train quotidien ». Il ouvre donc d’une part des portes et marque le passage d’un champ de conscience à un autre. Mais, en même temps, il symbolise l’ennui.
Le train nous amène également à accepter et à reconnaître que notre individualité est de fait limitée, puisqu’il y a une nécessaire interaction avec autrui, avec le contexte extérieur. On n’est jamais seul dans un train. On est toujours accompagné, sécurisé, même dans un wagon vide.
Enfin, le train est un espace de voyage où l’on peut rêver sans mettre quiconque en danger, lire, regarder un film, écouter de la musique. C’est bel et bien une sorte de capsule protectrice où s’adonner à ses loisirs favoris, entre deux haltes.
La gare, quant à elle, qui a mérité tous les soins des urbanistes et des architectes, se réinvente aujourd’hui à travers de nouveaux bâtiments et de nouvelles fonctions de lieu de vie et de transit : commerces, bars, restaurants, espaces enfants…
Symbolisant le monde des hommes et femmes actifs et en mouvement, elle est aussi un passage obligé et le croisement de l’espace et du temps. Elle symbolise à la fois les départs majeurs et mineurs. Ceux qui témoignent de l’évolution de nos vies.
Chaque départ est un changement, une opportunité de progresser et se renouveler. C’est pour cela que tout retard est vécu comme une véritable catastrophe.
Autre symbolisme : la gare est le lieu où l’on arrive, d’où l’on part et où l’on attend l’imprévisible, l’improbable.
Lire aussi : FUTUROSCOPIE - Train : de nuit ou de jour, un transport hautement symbolique
Quant au train, avec sa locomotive et ses wagons, il évoque les conditions de l’existence, le contexte dans lequel un être évolue.
Mais sa symbolique est contradictoire car il figure l’être lui-même avec ses objectifs et ses projets : « le train de la vie », « le train de l’histoire » et en même temps la routine : « le train train quotidien ». Il ouvre donc d’une part des portes et marque le passage d’un champ de conscience à un autre. Mais, en même temps, il symbolise l’ennui.
Le train nous amène également à accepter et à reconnaître que notre individualité est de fait limitée, puisqu’il y a une nécessaire interaction avec autrui, avec le contexte extérieur. On n’est jamais seul dans un train. On est toujours accompagné, sécurisé, même dans un wagon vide.
Enfin, le train est un espace de voyage où l’on peut rêver sans mettre quiconque en danger, lire, regarder un film, écouter de la musique. C’est bel et bien une sorte de capsule protectrice où s’adonner à ses loisirs favoris, entre deux haltes.
La gare, quant à elle, qui a mérité tous les soins des urbanistes et des architectes, se réinvente aujourd’hui à travers de nouveaux bâtiments et de nouvelles fonctions de lieu de vie et de transit : commerces, bars, restaurants, espaces enfants…
Symbolisant le monde des hommes et femmes actifs et en mouvement, elle est aussi un passage obligé et le croisement de l’espace et du temps. Elle symbolise à la fois les départs majeurs et mineurs. Ceux qui témoignent de l’évolution de nos vies.
Chaque départ est un changement, une opportunité de progresser et se renouveler. C’est pour cela que tout retard est vécu comme une véritable catastrophe.
Autre symbolisme : la gare est le lieu où l’on arrive, d’où l’on part et où l’on attend l’imprévisible, l’improbable.
Lire aussi : FUTUROSCOPIE - Train : de nuit ou de jour, un transport hautement symbolique
Imaginaires en mouvement : les rails de l’aventure
Autres articles
-
Voyage : formalités, bagages, surtourisme... du plaisir au stress, il n'y a qu'un pas [ABO]
-
Futuroscopie - Covid 5 ans après : quelles tendances ont pris racine ? [ABO]
-
Futuroscopie - Prospective tourisme : Chat GPT peut-il prédire l'avenir ? [ABO]
-
Futuroscopie - Les relations mode et tourisme, de fil en aiguille [ABO]
-
Voyageuses et sécurité : la partie n'est pas gagnée pour les femmes [ABO]
Compte tenu de son histoire et de sa symbolique, où en sont les imaginaires contemporains par rapport au train ?
Sans des wagons plombés occupés par des millions de malheureux qui se dilueront en fumée, il aurait pu entretenir une image positive pour une humanité acculée à l’immobilité.
Économique, efficace, rapide et surtout sûr, il est apprécié des adultes et des enfants qui raffolent de la liberté de mouvement qu’il leur permet, tout en ayant à son actif un autre avantage de taille : il est censé épargner l’environnement contrairement à son rival, l’avion et sa rivale, la voiture.
Transport propre, il est donc le gagnant de l’iconographie moderne du voyage, malgré les retards, les perturbations et les grèves qu’il fait subir à ses usagers.
Ses exploits technologiques lui permettent également de tutoyer le futur tout en gardant les pieds sur terre et conservant des dimensions humaines. En route vers l’avenir tout en restant ancré dans le passé, le train devrait d’autant plus confirmer son image positive qu’il a adopté le meilleur de la technologie pour faciliter et améliorer ses relations avec ses clients.
Fast et slow à la fois, nocturne et diurne, international ou régional, le train représente donc une sorte de caméléon des transports capable d’épouser tous les courants qui traversent la société et de donner l’illusion de l’aventure grâce à la nouvelle image qu’il se façonne autour de son réseau TER et ses trains internationaux sillonnant l’Europe du nord au sud.
Pourvu simplement que sa trésorerie et la nôtre suivent. Car les billets de train sont perçus par les voyageurs comme onéreux et surtout parfois plus onéreux que l’avion. Un comble et une bataille du rail à gagner !
Sans des wagons plombés occupés par des millions de malheureux qui se dilueront en fumée, il aurait pu entretenir une image positive pour une humanité acculée à l’immobilité.
Économique, efficace, rapide et surtout sûr, il est apprécié des adultes et des enfants qui raffolent de la liberté de mouvement qu’il leur permet, tout en ayant à son actif un autre avantage de taille : il est censé épargner l’environnement contrairement à son rival, l’avion et sa rivale, la voiture.
Transport propre, il est donc le gagnant de l’iconographie moderne du voyage, malgré les retards, les perturbations et les grèves qu’il fait subir à ses usagers.
Ses exploits technologiques lui permettent également de tutoyer le futur tout en gardant les pieds sur terre et conservant des dimensions humaines. En route vers l’avenir tout en restant ancré dans le passé, le train devrait d’autant plus confirmer son image positive qu’il a adopté le meilleur de la technologie pour faciliter et améliorer ses relations avec ses clients.
Fast et slow à la fois, nocturne et diurne, international ou régional, le train représente donc une sorte de caméléon des transports capable d’épouser tous les courants qui traversent la société et de donner l’illusion de l’aventure grâce à la nouvelle image qu’il se façonne autour de son réseau TER et ses trains internationaux sillonnant l’Europe du nord au sud.
Pourvu simplement que sa trésorerie et la nôtre suivent. Car les billets de train sont perçus par les voyageurs comme onéreux et surtout parfois plus onéreux que l’avion. Un comble et une bataille du rail à gagner !
Journaliste, consultante, conférencière, Josette Sicsic observe depuis plus de 25 ans, les mutations du monde afin d’en analyser les conséquences sur le secteur du tourisme.
Après avoir développé pendant plus de 20 ans le journal Touriscopie, elle est toujours sur le pont de l’actualité où elle décode le présent pour prévoir le futur. Sur le site www.tourmag.com, rubrique Futuroscopie, elle publie plusieurs fois par semaine les articles prospectifs et analytiques.
Contact : 06 14 47 99 04
Mail : touriscopie@gmail.com
Après avoir développé pendant plus de 20 ans le journal Touriscopie, elle est toujours sur le pont de l’actualité où elle décode le présent pour prévoir le futur. Sur le site www.tourmag.com, rubrique Futuroscopie, elle publie plusieurs fois par semaine les articles prospectifs et analytiques.
Contact : 06 14 47 99 04
Mail : touriscopie@gmail.com