
Donald Trump a annoncé, le 2 avril 2025, un tarif plancher de 10% sur toutes les importations aux Etats-Unis, ainsi que des surtaxes ciblées pour les pays jugés particulièrement hostiles en matière commerciale. @depositphotos/thenews2.com
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Depuis son retour à la présidence des États-Unis le 20 janvier 2025, Donald Trump enchaîne déclarations polémiques et décrets, ternissant l'image du pays. Si les touristes de loisirs semblent bouder la destination, qu'en est-il des voyageurs d'affaires ? Assiste-t-on à un effet Trump sur le business travel ?
« Trop tôt pour le dire », répond Grégory Mavoian, directeur général de Globéo Travel et président du GIE Manor, un constat partagé par BCD Travel.
D'autres professionnels du secteur commencent toutefois à percevoir des signes de ralentissement. « Nous avons observé un fléchissement des voyages long-courriers, d'abord pour des raisons budgétaires. Mais les récentes décisions de Trump, la hausse des taxes, les licenciements massifs et ses prises de position controversées ont renforcé cette tendance », analyse Philippe Taieb, président du Groupe Jancarthier.
Lire aussi : Rémi Vénitien (OT USA) : "Nous constatons un ralentissement, mais pas de boycott des Etats-Unis"
Offensive protectionniste et conséquences sur la mobilité professionnelle

Dès le 5 avril, un tarif plancher de 10 % s'appliquera à toutes les importations aux États-Unis, accompagné de surtaxes ciblées contre certains pays. La Chine est particulièrement touchée avec une taxe de 34 % en plus des 20 % déjà en place. Les autres nations asiatiques ne sont pas épargnées : 24 % pour le Japon, 26 % pour l'Inde, 46 % pour le Vietnam et 49 % pour le Cambodge. L'Union européenne, quant à elle, verra ses exportations taxées à hauteur de 20 % à compter du 9 avril.
« Cette attaque frontale contre la mondialisation pourrait freiner les déplacements professionnels à l'international, ce qui n'est pas une bonne nouvelle pour le business travel », anticipe José Martinez, PDG d'Amplitudes.
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Les ONG en première ligne
Certaines entreprises subissent déjà l'effet Trump de plein fouet. Chez Wagram Voyages, l'activité a enregistré un coup d'arrêt dès le 20 janvier. « Plus de 30 % de notre chiffre d'affaires provient des ONG. Elles ont été directement impactées par le gel des financements de l'USAID, l'agence américaine chargée du développement international », explique William Edel, PDG de Wagram Voyages.
La suspension des subventions, prévue pour 90 jours (jusqu'au 20 avril), a entraîné une chute de 20 à 40 % de l'activité chez certains clients. Un rebond semble difficile à envisager à court terme.
En revanche, peu d'entreprises françaises clientes de Wagram Voyages ont, pour l'instant, réduit leurs déplacements vers les États-Unis. « Nos clients sont issus de secteurs comme l'agroalimentaire, les spiritueux ou l'automobile. Mais à court ou moyen terme, ils pourraient limiter leurs voyages », redoute William Edel.
La suspension des subventions, prévue pour 90 jours (jusqu'au 20 avril), a entraîné une chute de 20 à 40 % de l'activité chez certains clients. Un rebond semble difficile à envisager à court terme.
En revanche, peu d'entreprises françaises clientes de Wagram Voyages ont, pour l'instant, réduit leurs déplacements vers les États-Unis. « Nos clients sont issus de secteurs comme l'agroalimentaire, les spiritueux ou l'automobile. Mais à court ou moyen terme, ils pourraient limiter leurs voyages », redoute William Edel.
Une opportunité pour d'autres marchés ?
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Faut-il voir dans ces mesures protectionnistes une opportunité pour d'autres destinations ?
« Les entreprises concernées vont chercher de nouveaux marchés. Mais les États-Unis restent une puissance économique incontournable, avec un fort pouvoir d'achat », rappelle José Martinez.
Grégory Mavoian se montre plus optimiste : « Ce repositionnement va inciter les entreprises à se déployer ailleurs, générant ainsi plus de déplacements professionnels. »
L'Europe, l'Asie et d'autres régions du monde pourraient-elles tirer leur épingle du jeu ? L'avenir le dira.
« Les entreprises concernées vont chercher de nouveaux marchés. Mais les États-Unis restent une puissance économique incontournable, avec un fort pouvoir d'achat », rappelle José Martinez.
Grégory Mavoian se montre plus optimiste : « Ce repositionnement va inciter les entreprises à se déployer ailleurs, générant ainsi plus de déplacements professionnels. »
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