
Comment la destination France pourrait profiter du boycott des Etats-Unis ? - Depositphotos.com Auteur mihmihmal
Vous pouvez acheter cet article à l'unité pour le prix de 3,99 € en cliquant ICI ou vous abonner pour 83€ TTC par an.
Depuis plusieurs semaines, les médias relaient un mouvement croissant : de nombreux Canadiens boycottent les États-Unis, poussés par les nouvelles orientations politiques impulsées par Donald Trump, notamment son projet controversé d’annexion du Canada comme 51e État.
Si les produits américains n'ont plus la cote de l'autre côté des chutes du Niagara, c'est aussi la destination touristique US qui en subit les conséquences. Et force est de constater que les voyageurs Canadiens semblent bel et bien porter leur regard vers l'Europe et la France pour leurs prochaines vacances.
Les arrivées aériennes en provenance du Canada affichent en effet une hausse de 31% entre février et juin 2025 sur les aéroports de la région Ile-de-France. "Avec l'élection de Trump, nous captons une clientèle qui, auparavant, privilégiait les États-Unis et qui choisissent la France, notamment les Canadiens" analyse Christophe Decloux, Directeur général du Comité Régional du Tourisme de Paris Ile-de-France (Visit Paris Région) qui note une dynamique similaire du côté de la Grande-Bretagne.
A lire aussi : Rendez-vous en France : le marché américain reste solide en 2025
Canada : les compagnies réajustent leurs capacités

Chez Air Transat, le constat est identique. "L’activité s’intensifie fortement depuis trois semaines. Cela concerne les deux flux : les Français qui se rendent au Canada et les Canadiens qui viennent en France. L’effet Trump se ressent clairement sur les voyages vers la France. En sens inverse, je pense que l'effet Trump est tout de même moins marqué et reste à confirmer", nuance Cyril Cousin, directeur France, Benelux, Suisse et Allemagne de la compagnie.
Atout France confirme la tendance : "Les réservations vers les États-Unis reculent. L’Europe pourrait capter une partie de cette clientèle, même si la tendance demande encore à être consolidée. Les compagnies réajustent leurs capacités. La France a une belle carte à jouer" explique Mélanie Paul-Hus, directrice du bureau Canada d'Atout France.
Elle rappelle que les Canadiens planifient leurs séjours trois à six mois à l’avance, avec une préférence pour la fin d’été et l’automne. "Les Jeux Olympiques ont laissé une impression forte au Canada. D’ici juin, nous aurons une vision plus précise ", anticipe-t-elle.
Air Canada, de son côté, capitalise sur cette dynamique et annonce trois vols hebdomadaires supplémentaires entre Paris-CDG et Toronto Pearson, du 16 juin au 1er septembre 2025.
Le Danemark : un marché à séduire pour la France
Autres articles
-
Rendez-vous en France, Lyon passe le relais à Nice pour 2026
-
Rendez-vous en France : le marché américain reste solide en 2025 [ABO]
-
Atout France : "les conclusions de l'audit rendues dans 3 mois"
-
Tourisme français : un hiver solide, un printemps prometteur
-
Handwritten Collection dévoile ses nouvelles adresses en Europe pour 2025
L’Île-de-France n’est pas seule à espérer capter ces flux détournés.
"Nous percevons un intérêt croissant de la clientèle canadienne pour la région Sud. Ces voyageurs veulent découvrir l’Europe. Les marchés sud-américains suivent une dynamique similaire, mais il reste à vérifier qu'il y a une baisse de ces marchés vers les USA. Les destinations américaines deviennent inaccessibles pour certains budgets. L’inflation joue également dans ce rééquilibrage," ajoute à son tour Loïc Chovelon, directeur général du comité régional du tourisme de la Région Provence-Alpes-Côte-d'Azur.
Les carnets de commandes (d’avril à août) pour la Région Sud, font état d'une progression de 20% pour le Canada, 8% pour le Mexique et 5% pour l’Amérique du Sud. Sur le premier trimestre 2025, le Canada est en hausse +15%, le Mexique +34% et le global Amérique du Sud +18%. (Sources CRT / forwardkeys)
"Il faut toutefois rester vigilants, car selon l’effet des nouvelles taxes trump, la conjoncture globale économique de ces pays pourraient s’inverser avec pour conséquence une frilosité dans la réservation de vacances lointaines." tempère Loïc Chovelon.
Le marché scandinave, et notamment danois, présente aussi des opportunités. Les velléités américaines d’annexer le Groenland ont suscité une vive réaction au Danemark.
"On observe une défiance nette. Ces marchés cherchent de nouvelles destinations. La France peut se positionner" estime Benoît Chollet, directeur du bureau Atout France pour les pays nordiques et Baltes.
Il évoque des stratégies ciblées : "Les Danois sont sensibles à la chaleur et au réchauffement climatique. Nous allons travailler sur la montagne l’été et la Côte d’Azur l’hiver. D’autres territoires comme le Jura, les Ardennes, la Bourgogne ou la côte Atlantique ont un potentiel important pour séduire les touristes du Nord de l’Europe."
Air France observe aussi une dynamique positive, sur les arrivées en France depuis les pays scandinaves "mais aucun élément ne nous permet d'établir un lien direct entre cette tendance et la situation aux Etats-Unis" ajoute la compagnie.
Reste enfin le cas du marché français. La présidente des Entreprises du Voyage, Valérie Boned, faisait état d’un recul des réservations vers les États-Unis, estimé entre 15 et 25 %, selon les opérateurs, à l'occasion de la 2e édition de l'évènement "Confluence du Tourisme" organisé la semaine dernière à Lyon. Elle constate que les groupes sont les plus touchés, mais les voyages individuels commencent aussi à fléchir.
Ce qui fait dire à Nathalie Delattre, Ministre déléguée en charge du tourisme qui a inauguré le 1er avril 2025 le salon Rendez-vous en France : "moi, j'encourage les Français à rester en France" !
"Nous percevons un intérêt croissant de la clientèle canadienne pour la région Sud. Ces voyageurs veulent découvrir l’Europe. Les marchés sud-américains suivent une dynamique similaire, mais il reste à vérifier qu'il y a une baisse de ces marchés vers les USA. Les destinations américaines deviennent inaccessibles pour certains budgets. L’inflation joue également dans ce rééquilibrage," ajoute à son tour Loïc Chovelon, directeur général du comité régional du tourisme de la Région Provence-Alpes-Côte-d'Azur.
Les carnets de commandes (d’avril à août) pour la Région Sud, font état d'une progression de 20% pour le Canada, 8% pour le Mexique et 5% pour l’Amérique du Sud. Sur le premier trimestre 2025, le Canada est en hausse +15%, le Mexique +34% et le global Amérique du Sud +18%. (Sources CRT / forwardkeys)
"Il faut toutefois rester vigilants, car selon l’effet des nouvelles taxes trump, la conjoncture globale économique de ces pays pourraient s’inverser avec pour conséquence une frilosité dans la réservation de vacances lointaines." tempère Loïc Chovelon.
Le marché scandinave, et notamment danois, présente aussi des opportunités. Les velléités américaines d’annexer le Groenland ont suscité une vive réaction au Danemark.
"On observe une défiance nette. Ces marchés cherchent de nouvelles destinations. La France peut se positionner" estime Benoît Chollet, directeur du bureau Atout France pour les pays nordiques et Baltes.
Il évoque des stratégies ciblées : "Les Danois sont sensibles à la chaleur et au réchauffement climatique. Nous allons travailler sur la montagne l’été et la Côte d’Azur l’hiver. D’autres territoires comme le Jura, les Ardennes, la Bourgogne ou la côte Atlantique ont un potentiel important pour séduire les touristes du Nord de l’Europe."
Air France observe aussi une dynamique positive, sur les arrivées en France depuis les pays scandinaves "mais aucun élément ne nous permet d'établir un lien direct entre cette tendance et la situation aux Etats-Unis" ajoute la compagnie.
Reste enfin le cas du marché français. La présidente des Entreprises du Voyage, Valérie Boned, faisait état d’un recul des réservations vers les États-Unis, estimé entre 15 et 25 %, selon les opérateurs, à l'occasion de la 2e édition de l'évènement "Confluence du Tourisme" organisé la semaine dernière à Lyon. Elle constate que les groupes sont les plus touchés, mais les voyages individuels commencent aussi à fléchir.
Ce qui fait dire à Nathalie Delattre, Ministre déléguée en charge du tourisme qui a inauguré le 1er avril 2025 le salon Rendez-vous en France : "moi, j'encourage les Français à rester en France" !